Le Paris FC a officialisé l'arrivée de Ciro Immobile, un champion d'Europe avec la Nazionale. L'ancien serial buteur de la Lazio, soulier d'or européen en 2020, est censé apporter son efficacité et son expérience à un promu en quête d’un leader offensif. Avec l’arrivée de Ciro Immobile au Paris FC, le football français s’offre une parenthèse italienne, presque romanesque. Celle d’un avant-centre de 35 ans nourri par la culture du but. L’homme paradoxal dont le nom semble interdire le mouvement quand sa vie entière a consisté à se soustraire au marquage. Cet attaquant a fait de l’exploit sa routine, accomplissant là où d’autres se contentent d’imaginer : l’art de faire trembler les filets, inlassablement. Lancé à la Juventus en Serie A en mars 2009, le néo-parisien, papa de 3 enfants, n’a pourtant pas connu le chemin rectiligne des surdoués. L’ami de Marco Verratti, son équipier à Pescara lors d’une saison magique en Serie B en 2011-2012, s’est d’abord construit dans le détour. Prêté, baladé, parfois incompris. À Dortmund en 2014, le natif de Torre Annunziata, tout près de Naples, débarque ainsi dans le fracas d’un héritage : Robert Lewandowski vient tout juste de signer au Bayern, et l’Italien se retrouve chargé de succéder à l’irremplaçable, dans le football vertical de Jürgen Klopp, l’actuel directeur mondial du football chez Red Bull. Une petite saison dans la Ruhr et puis s’en va, direction l’Andalousie. À Séville, où il fait l’objet d’un prêt, l’expérience est trop brève pour laisser une trace profonde. Immobile a donc longtemps été un talent en transit, un buteur cherchant son territoire. Comme si son football, si instinctif, si lié aux repères collectifs, avait eu besoin d’un décor familier pour s’épanouir pleinement. Le théâtre de ses rêves, il le trouve à la Lazio à partir de l’été 2016 et change alors de dimension. À Rome, il cesse d’être un attaquant parmi d’autres. Chouchou de la Curva Nord de l’Olimpico, il devient une figure, presque un symbole. Quatre fois capocannoniere de Serie A, meilleur buteur de l’histoire du club romain avec 207 réalisations devant la légende Silvio Piola, il empile les saisons pleines et les records avec une régularité de métronome. En 2019-2020, il touche même au Graal : 36 buts en championnat, un sommet historique en Serie A, à égalité avec Gonzalo Higuaín, et un Soulier d’or européen. Seuls Luca Toni et Francesco Totti, avant lui, avaient offert ce trophée individuel suprême à l’Italie. Immobile rejoint ce panthéon discret des buteurs transalpins qui ont imprimé leur époque sans forcément chercher la lumière. Mais réduire Immobile à un simple prédateur serait trahir ce qu’il revendique de lui-même : un attaquant de déplacement, de lecture, de surgissement, très habile devant le but grâce à un jeu de tête et une aisance technique intéressante. Dans une interview accordée à France Football en 2020, il évoquait son style de jeu, lui qui a appris de David Trezeguet, côtoyé chez les Bianconeri en 2009-2010. « Je suis atypique, je ne suis pas un avant-centre de surface ni un attaquant de soutien. Je n’aime pas rester devant, dans l’axe, j’aime bien bouger sur le front de l’attaque. Par conséquent, on me parle plus de Paolo Ros